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Les RH, acteurs-clés de la transition écologique en entreprise

Des employés RH travaillent autour d'une table, pris de haut.
© cyano66 via iStock

Face à la crise climatique, les entreprises doivent impérativement revoir leurs pratiques pour s'inscrire dans une démarche plus durable. Les ressources humaines peuvent jouer un rôle-clé dans cette transition écologique en mettant en place des stratégies et des actions concrètes.

Le constat climatique reste accablant : 6 des 9 limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre ont déjà été franchies, dont les deux dernières en 2022. En parallèle, le sixième rapport du GIEC alerte sur l’augmentation des gaz à effet de serre et une multiplication des risques associés au réchauffement climatique. Et si les sauveurs de la planète s’incarnaient… dans les DRH ?

Des petits gestes insuffisants pour une grande transition

Selon une étude de PageGroup, 87% des décisionnaires RH interrogés estiment que les entreprises ont une responsabilité importante dans l’élaboration d’un monde plus responsable. Cependant, plus d’un tiers des entreprises n’ont aucune équipe spécifiquement chargée de la RSE. « Pour reprendre une expression connue d’Aristote, les dirigeants ne savent pas qu’ils ne savent pas. Ils se cantonnent souvent aux écogestes et à une très consensuelle Fresque du Climat alors que, maintenant, il faut aller très, très vite », exprime Martin Richer, Fondateur du cabinet Management & RSE.

L’étude en question s’interroge sur la place du directeur en ressources humaines (DRH) dans cette transformation. En effet, sa position unique lui permet d’influencer les décisions de la direction, impliquer les salariés et dialoguer avec les organisations syndicales.

Changer l’individu pour changer l’organisation

« La fonction RH est souvent partie prenante des transformations d’entreprise, notamment lorsque celles-ci visent à adopter des pratiques plus écologiques et plus responsables », explique Mathilde Le Coz, présidente du LabRH. « Dans toutes les transformations, il est rare de ne pas impliquer les RH, car celles-ci interviennent sur les comportements des individus. »

Dans un contexte de transition écologique, cette fonction vise traditionnellement à influencer l’attractivité de la marque. Le DRH réoriente le comportement des employés tout en répondant aux attentes des clients et des collaborateurs. Il y arrive en introduisant des mesures combattant l’utilisation de plastiques jetables ou limitant le gaspillage alimentaire et énergétique.

Cependant, il ne s’agit plus aujourd’hui de gérer une simple politique interne. Il s’agit de repenser l’intégralité de son modèle économique, défend Mathilde Le Coz. « Ces dernières années, on s’est forcé à minimiser notre impact négatif. Aujourd’hui, l’enjeu c’est d’avoir un impact positif. » La contrainte principale à ce basculement reste le facteur financier mais pour Mathilde Le Coz, c’est une logique à court-terme. Elle masque ce nouvel enjeu d’impact positif, qui constitue la condition nécessaire pour la survie d’une entreprise dans les années à venir.

Des nouvelles compétences plutôt que des nouveaux métiers

« La RSE est un nouveau langage qui affecte la prise de décision, dit Mathilde Le Coz. C’est maintenant une question transversale à tous les métiers » : ceux d’aujourd’hui comme de demain. En effet, ce rapport dresse le portrait de 5 métiers du futur, comme conseiller en reconversion verte ou responsable des avantages sociaux climatiques. Il alerte sur une pénurie importante de compétences vertes. « Il faut une nouvelle nomenclature des métiers. C’est lorsque le monde et les compétences évoluent que les métiers sont perçus différemment. »

Une nouvelle dénomination qui n’est possible que par la rencontre des valeurs portées par le haut et le bas de l’échelle hiérarchique des entreprises. Or « le RH peut incarner lui-même le projet d’entreprise qu’il veut vendre », selon Mathilde Le Coz. Ainsi, ces compétences vertes sont le produit d’une négociation entre la direction et les représentants des salariés.

Les RH à même d’évaluer la démarche écologique de l’entreprise

Afin d’éviter le greenwashing, la transition écologique en entreprise exige une comptabilité efficace. La réforme Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) vise à s’intégrer dans les RH des entreprises. Il mesurera leur impact et publiera les informations afférentes avec plus de transparence. Cette directive va encadrer beaucoup plus étroitement les rapports financiers. Elle exigera des détails spécifiques et des audits effectués par des experts.

« La mise en œuvre de cette directive peut être difficile car elle nécessite des experts capables de mesurer avec précision les performances environnementales de grandes entreprises », explique Mathilde Le Coz. Les RH peuvent là aussi se révéler précieux dans la comptabilité carbone de l’entreprise et la mise en place de politiques RSE à même de l’affecter.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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