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L’intelligence artificielle a porté la demande de brevets en 2023

La France accuse un retard certain sur ses concurrents en matière de dépôt de brevets
© Thanakorn Lappattaranan via iStock

La France reste loin derrière les États-Unis ou la Chine en matière de dépôt de brevets européens. Mais elle a des atouts pour combler ce retard.

199 275. C’est le nombre de demandes de brevets déposées en Europe en 2023. Un bon indicateur des investissements réalisés par les entreprises dans la R&D. Et des secteurs les plus porteurs pour l’innovation. Or ce nombre constitue un record. De quoi réjouir l’Office européen des brevets (OEB), comme le souligne Antonio Campinos, son président : « l’OEB a examiné plus de demandes que jamais, ce qui témoigne à la fois de l’attrait du marché technologique européen et de la grande qualité de nos produits et services ». C’est la troisième année consécutive que l’OEB enregistre une hausse (+2,9%). Point positif, elle se traduit aussi par la hausse du nombre de brevets déposés par les pays européens (+1,8%).

Les États-Unis toujours premiers, les pays asiatiques très dynamiques

Mais elle reflète aussi l’avance technologique de pays étrangers en matière d’innovation. Les États-Unis restent premiers, et de loin, avec près d’un quart des brevets déposés. Vient ensuite l’Allemagne (12,5%). Le Japon (10,8%) et la Chine (10,4%) sont au coude à coude mais leurs dynamiques sont tout à fait opposées. Alors que le premier perd de la vitesse (-0,4% de demandes de brevets déposées entre 2022 et 2023), la Chine décolle (+8,8%). Les demandes de brevets provenant de l’Empire du milieu ont plus que doublé depuis 2018. Et c’est la République de Corée qui clôt le top 5 – elle y entre pour la première fois – grâce à un bond de 21% des demandes de brevets déposées.

Source : OEB

Si la demande de brevets européens augmente, le nombre de demandes déposées par la France baisse (-1,5%). De quoi l’éloigner un peu plus du top 5 mondial… L’Hexagone peut toutefois se targuer de rester le 2e pays européen derrière l’Allemagne et de maintenir sa 6e place à l’international.

L’innovation informatique comme moteur de rattrapage ?

La France peut également espérer faire mieux dans les années à venir, notamment grâce à l’IA. Il faut ainsi observer les demandes de brevets déposées dans le secteur informatique, « où sont réalisées les avancées qui définiront l’infrastructure de l’IA dans les années à venir ». Or, les demandes provenant de l’Hexagone ont explosé l’an dernier : +18,2%, contre +1,2% au niveau mondial. « La France est à un tournant, souligne l’OEB. Elle délaisse progressivement ses compétences les plus classiques au profit des technologies numériques. » C’est d’autant plus remarquable que les États-Unis se sont désintéressés du secteur en 2023, avec un recul notable des demandes déposées (-6,8%).

Reste que la France et l’Europe devront encore accélérer sur les brevets. Car ce sont les entreprises asiatiques qui font la course en tête. Huawei et Samsung ont chacune déposé plus d’un millier de demandes de brevets dans le secteur informatique, en 2023. Elles sont suivies par les Américaines Microsoft et Alphabet. La première européenne, Siemens, n’arrive que 5e avec moitié moins de demandes déposées que ses concurrentes asiatiques (435).

Les PME, nouvelles actrices de l’innovation

Cette avance des groupes étrangers se reflète aussi, plus largement, dans le top 10 des entreprises qui déposent des demandes de brevets en Europe. Il ne comprend que 4 entreprises européennes et le trio de tête traduit les ambitions asiatiques. Huawei conserve sa première place mais « augmente considérablement son volume pour dépasser les 5 000 demandes », note l’OEB. À elle seule, l’entreprise représente presque un quart des demandes chinoises. Les Coréennes Samsung et LG complètent le podium.

La France a cependant une carte à jouer car « les petites et moyennes entreprises européennes recourent de plus en plus aux brevets », souligne Antonio Campinos. « La part des demandes émanant de PME a atteint son plus haut niveau l’année dernière« , précise-t-il encore : 23%. Une tendance de bon augure quand on sait que le tissu économique tricolore est principalement constitué de TPE-PME.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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