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Pour « faire société », les entreprises doivent se réinventer

Un papillon sortant de sa chrysalide
© Bankim Desai via Unsplash

Ces dernières années ont mis l’accent sur la façon dont les entreprises devaient dialoguer avec la société en tant que partie prenante. Désormais, ce sont elles qui sont parties prenantes de la société.

« La sociétalisation des entreprises est actée. » C’est le constat dressé par The Arcane dans son dernier cahier de prospective sociétale. Derrière l’expression, une dynamique qui lie de façon de plus en plus puissante phénomènes de société et entreprises privées. Les guerres entraînent des boycotts. Les scientifiques collaborent avec les organisations pour assurer des produits de qualité. La justice condamne les manquements envers l’environnement. Et, toujours en première ligne, les réseaux sociaux intensifient le mouvement. Résultat : les entreprises sont nommément prises à partie et doivent apprendre à s’exprimer dans un temps limité.

L’entreprise devient partie prenante à son tour

Malgré les ratés et les dérives qui peuvent en découler – bad buzz à cause d’une communication mal ficelée, implication quasi-politique des entreprises dans la vie quotidienne – le phénomène a pour conséquence positive la création d’espaces de dialogue. Les entreprises ont pris conscience que leurs parties prenantes étaient multiples. Profils financiers, clientèle mais aussi activistes ou société civile sont désormais des interlocuteurs de choix que les entreprises ont appris à chouchouter.

Et depuis quelques temps, les rôles se sont inversés : les entreprises anticipent et se saisissent de certains chantiers pour le meilleur. « Cette ouverture encourage les citoyens, la société civile, les associations et l’État, qui reconnaissent aux entreprises une capacité d’action et de financement. Ils se tournent davantage vers celles-ci et les envisagent comme un espace d’espoir pour l’avenir. » Elles n’apprennent plus à gérer leurs parties prenantes ; elles sont elles-mêmes parties prenantes d’une société en construction.

Et c’est tant mieux. Car sans les entreprises, impossible de mener à bien certaines transitions, notamment lorsque l’on parle d’écologie ou de nouveaux modèles économiques.

Coopérer pour innover

The Arcane note 2 types de réactions face au phénomène. Certains dirigeants l’appréhendent comme une forme de pression supplémentaire. Pour d’autres, c’est une opportunité d’innover. Comment ? « En créant de nouvelles formes de coopération », y compris entre secteurs. « Dans ce modèle, le dirigeant doit avoir un rôle de boussole et porter une vision. Cette vision émerge d’expérimentations sur le terrain, qu’elles soient de l’initiative des entreprises, des citoyens, des associations, d’ONG ou de ses concurrents », précise le cabinet. C’est ce que David Garbous, fondateur de Transformation Positive, appelle le coopitalisme – un capitalisme vertueux qui serait basé sur la coopération.   

Les équipes imaginent ainsi le patron d’un pétrolier intervenir lors de l’assemblée générale d’une ONG, le maire d’une commune s’inspirer de stratégies de réduction de CO2 émanant d’industriels ou encore des intercommunalités apprendre des modèles de co-construction d’opérateurs de l’eau et des déchets. « Les recettes du passé ne fonctionnent plus. Les dirigeants d’entreprises ont l’opportunité de se saisir de ce moment pour inventer et expérimenter de nouveaux modèles organisationnels et de développement au sein desquels la coopération, dans un univers concurrentiel, sera source de création de valeur », conclut The Arcane.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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