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Non, le fonds de solidarité n’a pas créé une cohorte d’entreprises zombies

© Simon Wijers via Unsplash

Une étude de la DGE montre que les entreprises en difficulté qui ont touché des aides pendant la crise du Covid ne présentent pas plus de risques de mettre la clé sous la porte que celles qui n'ont pas perçu d'aides.

L’économie française est-elle attaquée par des zombies ? Non, pas de remake de La Nuit des morts-vivants en vue ! Des économistes anticipaient que les aides distribuées aux entreprises durant la crise du Covid allaient créer des zombies. C’est-à-dire des sociétés dont les revenus ne couvrent pas les charges mais qui peuvent se maintenir en activité grâce aux aides perçues. Entre octobre 2020 et février 2022, plus de 2 millions d’entreprises ont bénéficié du fonds de solidarité mis en place par l’État. Ce qui laissait craindre la naissance de toute une génération d’entreprises zombies.

Le nombre de défaillances « a été divisé par 2 en 2020 et 2021 par rapport à 2019 », note une étude sur la question, publiée en avril par la Direction générale des entreprises (DGE). De 51 000 en 2019, les défaillances ont chuté à 31 000 en 2020 puis 27 000 en 2021. Grâce au fonds de solidarité, « la baisse du nombre de défaillances a été la plus importante dans les secteurs les plus affectés par la crise ». Tous les voyants étaient alors au rouge. Des entreprises que le marché n’auraient pas « naturellement » laissé survivre s’en sont-elles sorti grâce aux aides ?

Même risque de défaillance

Il n’en a rien été, tranche l’étude, qui s’est intéressée à 3 secteurs touchés de plein fouet par la crise : l’hébergement-restauration, le commerce et le transport-entreposage. L’auteur de l’étude a observé l’évolution du taux de risque de défaillance des entreprises aidées. Puis il l’a comparé à celui des entreprises qui ne l’avaient pas été. Et ce tout au long de la période et jusqu’à aujourd’hui, 2 ans après la fin du fonds de solidarité. Durant l’activité du dispositif, les deux taux sont restés proches.

Et « si le fonds avait prolongé artificiellement la vie d’entreprises non viables, le taux de défaillance des entreprises intensément bénéficiaires aurait fortement progressé avec la diminution des aides » et aurait été supérieur à celui des entreprises non bénéficiaires. Or les deux taux sont restés « similaires ». Conclusion : « le fonds de solidarité a compensé la perte d’activité », sans servir de perfusion à des entreprises moribondes.

Le seul bémol identifié par l’étude ? Les entreprises qui ont touché les montants d’aide les plus importants. « Ces dernières ont connu un risque de défaillance très inférieur » à celles qui n’ont pas touché d’aides, précise l’étude. Et sont donc plus fragiles maintenant que le robinet des aides s’est tari.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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