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Quand les salariés repensent leur espace de travail : le pari gagnant de Teledyne e2v

Les salariés utilisateurs de la salle blanche de Teledyne e2v ont pu prendre part à sa rénovation
© Teledyne e2v

Changer l'espace de travail quotidien de ses collaborateurs peut susciter des craintes voire cristalliser des rancoeurs. C'est pourquoi Teledyne e2v les a associés au process.

Laisser les rênes aux salariés, bonne ou mauvaise idée ? C’est le pari qu’a fait Teledyne e2v pour la rénovation de la salle blanche de son site grenoblois. C’est là que l’entreprise fabrique des composants électroniques de grande précision, destinés à l’aviation, l’imagerie médicale ou la robotique. Mais, en 2019, l’entreprise constate que ces 2 000 mètres carrés dédiés à la production souffrent de plusieurs problèmes : manque d’efficience et de modularité dans l’implantation des équipements, surconsommation électrique et des murs qu’il faudrait pousser pour accueillir les futurs projets de l’entreprise. Le constat s’impose : il faut tout changer.

Or plus de 150 personnes utilisent régulièrement la salle blanche – ou plutôt la trentaine de modules qui la composent. Autant de collaborateurs que cette rénovation affectera et qui craignent de voir leur environnement quotidien changer. Mais qui disposent aussi de l’expertise pour imaginer la salle blanche idéale – pour eux comme pour la production. Début juin, le projet est officiellement sur les rails : la conception de la nouvelle salle blanche peut débuter.

Faire confiance à des ambassadeurs

Impossible de faire phosphorer 150 personnes sur le sujet. « Nous avons lancé un appel à volontaires dans l’ensemble des équipes concernées, se rappelle Sergio Calais Domingos, directeur de production, qui a supervisé le projet. Nous avons privilégié ceux qui avaient le plus de réticences car c’est précisément ce qui en ferait des ambassadeurs du projet. » Au total, 35 personnes planchent sur la rénovation.

Elles se réunissent d’abord pour 2 sessions de 2 jours pour travailler au calme, ordinateurs et portables coupés. Au programme : définir les équipements à rassembler bloc par bloc puis les placer sur une maquette réalisée à l’échelle. « Cela nous a permis de visualiser notre travail dans l’espace et de constater certaines incohérences », raconte Sergio Calais Domingos. Puis, c’est la révélation. Le reste des collaborateurs peut enfin observer la maquette. Les volontaires se relayent pour répondre à leurs questions et un cahier de doléances recueille remarques et critiques, anonymes ou non. « Nous avons reçu plus de 200 observations, toutes pertinentes », s’enthousiasme encore Sergio Calais Domingos. Les plans de la nouvelle salle blanche sont revus à l’aune de ces indications. Puis les collaborateurs ont pu revoir la maquette modifiée et la valider avant qu’une dernière session du groupe de travail ne procède aux vérifications techniques. En à peine 6 semaines, le projet avait pris forme.

La performance au rendez-vous

Ce n’est qu’après cette première phase que Teledyne e2v s’est attelé à la rédaction du cahier des charges technique, avec un bureau d’études spécialisé. Rien d’étonnant, écarte Sergio Calais Domingos : « nous voulions partir du besoin, sans nous poser de contrainte au départ. Et ce besoin devait être défini par les services en interne. Charge ensuite au bureau d’études de trouver des solutions techniques qui répondraient à ce besoin ».

Et la méthode a fait ses preuves. La nouvelle salle blanche consomme déjà 58% d’énergie de moins que l’ancienne, alors qu’il reste une partie à rénover. Le directeur de production se montre aussi confiant sur le fait que l’objectif de diviser les émissions de CO2 par 4 sera dépassé lorsque la rénovation sera complète. La qualité de la production s’est aussi améliorée, avec la réduction des contaminants au sein de la salle blanche.

Mais, surtout, la nouvelle salle blanche fait l’unanimité. Malgré un changement radical de leur environnement de travail, les collaborateurs se montrent enthousiastes. « Ceux qui travaillent dans la partie qui n’a pas encore été rénovée ont hâte qu’elle le soit, alors qu’ils avaient des craintes au départ », sourit Sergio Calais Domingos. La preuve qu’une décision collégiale peut être synonyme non seulement de performance mais aussi de rapidité ? « Je suis persuadé ça se passe beaucoup mieux si on associe les collaborateurs dans une décision qui va les affecter que si on décide pour eux. Ça prend un peu de temps au début mais on en gagne énormément sur la suite du projet. »

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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1 Commentaire
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Sergio
il y a 1 mois

Merci pour ce très bel article