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L’intelligence artificielle, bon génie de la décarbonation des entreprises ?

L'intelligence artificielle peut-elle soutenir la décarbonation des entreprises ?
© koya79 via iStock

Bien utilisée, l'intelligence artificielle peut faire entrer la décarbonation des entreprises dans une autre dimension. Celle de l'efficacité, enfin ?

L’intelligence artificielle sauvera t-elle la planète ? Peut-être pas. Mais elle constitue un recours de plus dans la boîte à outils des décideurs pour la décarbonation des entreprises. Voire « un outil essentiel ». C’est ainsi qu’elle est qualifiée par 87% des leaders interrogés lors d’une étude menée par Planet Alliance, le BCG et le BCG Gamma intitulée Comment l’IA peut être un outil puissant pour lutter contre le changement climatique et parue en juillet 2022. Laurent Félix, directeur général France de la start-up Ekimetrics spécialisée dans la data science, estime, dans une interview réalisée pour Big média, le blog de Bpifrance, que l’IA est « un vecteur indispensable pour atteindre les objectifs environnementaux fixés par les accords de Paris ».

Qu’est-ce qui explique cet engouement des décideurs pour l’intelligence artificielle comme levier de la décarbonation de leurs entreprises ? « L’IA permet une conduite du changement la plus courte possible, sans effort de la part de l’utilisateur », observe Christelle Courant, directrice du développement de la start-up Digitalent, qui accompagne la transformation des entreprises grâce à l’IA. Changer les organisations vite et simplement pour limiter le changement climatique : la promesse est séduisante.

L’intelligence artificielle, machine à tout faire

Surtout, « les applications de l’IA sont infiniment nombreuses, notamment pour apporter davantage de traçabilité, élément majeur de la décarbonation », note Geoffroy Petit, spécialiste de la data au sein du cabinet BearingPoint, auprès de l’AFP. « Les applications sont assez infinies à partir du moment où on regarde tous les métiers qui requièrent un savoir-faire consigné dans un corpus documentaire », abonde Laurent Félix. Dans les entreprises, ils sont nombreux : achats, RSE, logistique…

L’étude du BCG recense 5 applications principales de l’IA pour soutenir les entreprises dans leur course contre le réchauffement climatique. D’abord l’usage le plus répandu des modèles algorithmiques aujourd’hui : rassembler, compléter et analyser les données. « L’un des apports de l’IA est sa capacité à reconstruire une partie des données, à les projeter pour fournir des estimations sur les émissions liées à un produit qui soient les moins fausses possibles », note Geoffroy Petit.

De ce premier cas d’usage découlent les 4 autres : encourager les comportements positifs pour la planète, optimiser les processus, soutenir les écosystèmes collaboratifs et surtout renforcer la prise de décisions et l’anticipation. « Par exemple, l’IA pourrait permettre de dire aux entreprises : ‘ce que vous faites pour décarboner votre flotte de véhicules, c’est bien, mais le sujet chez vous, c’est le modèle d’affaires qui repose sur l’entrée dans vos entrepôts de milliers de produits dont vous ne maîtrisez absolument pas le bilan carbone' », précise à l’AFP Léo Génin, consultant environnement pour I Care, chez BearingPoint.

Un guide plus qu’un conseiller

Ces 5 applications doivent permettre aux entreprises de répondre aux 6 grands défis environnementaux qui se présentent à elles, listés par l’étude du BCG. Mesurer (leur impact), réduire voire supprimer (leurs émissions carbone) ; prévoir et analyser les risques qui pèsent sur elles pour réduire leur vulnérabilité et leur exposition ; et enfin contribuer aux fondamentaux de l’écologie, grâce notamment aux données qu’elles produisent.

Alors l’IA deviendra t-elle un conseiller augmenté voire un bon génie de la RSE pour les dirigeants d’entreprise ? Plutôt « un GPS intelligent pour tout collaborateur qui a besoin de choisir un chemin parmi les données de l’entreprise », analyse Christelle Courant. Une gageure tant les entreprises croulent sous celles-ci… sans forcément en tirer toute la valeur possible. « Toutes les données existent déjà dans les entreprises et en open data pour identifier les informations et les signaux faibles nécessaires à leur transformation », juge ainsi la directrice du développement de Digitalent.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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