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Pour être plus « vertes », les entreprises doivent apprendre à piloter leurs données ESG

Un graphique évolutif sur fond de forêt
© Petmal via iStock

Les données pourraient bien être les meilleures alliées des stratégies ESG. Problème : les systèmes de collecte en entreprises précèdent souvent la prise de conscience du sujet, et ne sont pas adaptés.

En 2022, 44% des entreprises européennes ont soumis l’évaluation de leurs cadres supérieurs à des critères liés au développement durable. C’est le premier enseignement d’un rapport de l’International Data Corporation (IDC), qui se penche sur les liens entre performances ESG et gestion des données. « Les entreprises d’avenir réussissent à réduire leur empreinte carbone, font des progrès en matière de recyclabilité de leurs packagings, réduisent leur consommation d’énergie et fabriquent des produits peu consommateurs de ressources », peut-on lire. Le point commun entre ces organisations ? Elles capitalisent sur leurs données pour avancer. Ces dernières sont même présentées comme étant les « meilleures amies » d’un impact environnemental positif.

Capitaliser sur ses données pour solidifier sa stratégie ESG : les défis à relever

Sur le papier, c’est alléchant. Dans les faits, de nombreuses organisations n’ont pas de système de collecte et d’analyse de données. Et parmi celles qui en ont, les systèmes précèdent bien souvent la prise de conscience de l’importance des critères environnementaux. Résultat : lorsque les entreprises mesurent des données utiles pour leur stratégie ESG… c’est la plupart du temps un hasard.

Dès lors, les sociétés qui souhaitent mesurer leurs progrès en matière de durabilité doivent redoubler d’ingéniosité pour collecter des données issues de différents systèmes de mesure, départements, et parfois même de différentes entités. À ce titre, elles rencontrent plusieurs difficultés – d’ordre business ou technique. Le rapport note entre autres la difficulté à embarquer le management en termes d’investissement, le manque de compétences pour collecter et analyser les données, les difficultés à définir les bons KPIs, l’absence de données numérisées… « Ces défis sont exacerbés lorsqu’il n’existe pas de référent data pour piloter l’initiative », explique l’IDC.

Les opportunités liées à la collecte et l’analyse de données ESG

Ces freins ne doivent pas décourager les organisations. Au contraire ! En plus de les engager sur une voie plus vertueuse, les données ESG doivent permettre aux entreprises de gagner en compétitivité. Ainsi, en 2021, EY expliquait que 61% des personnes en France prenaient en compte les critères de développement durable dans leurs achats. Dans une autre étude, menée par Salsify en 2022, on apprend que 45% des consommateurs et consommatrices pourraient ne pas effectuer un achat dont les informations environnementales sont insuffisantes. Collecter ces données ESG permet donc aux entreprises de progresser, mais aussi de gagner en attractivité.

Par ailleurs, Sylvain Guyoton, vice-président de la plateforme d’évaluation EcoVadis, rappelle que de plus en plus de donneurs d’ordre capitalisent sur ces données ESG avant de faire affaire. « Les critères pour choisir ses partenaires business ont changé. Les prestataires qui ont un bon score RSE ont la garantie de gagner plus de contrats », assure-t-il.

En France, les obligations liées aux données ESG

Au-delà des opportunités permises par le pilotage des données ESG, les entreprises sont soumises à plusieurs obligations légales. Dès 2010, la loi Grenelle II posait certains fondements, en exigeant notamment des grandes entreprises de rendre des comptes au sein de rapports détaillés sur les conséquences sociales et environnementales de leur activité.

Depuis, de nouvelles règles ont fait leur apparition. Depuis 2017 notamment, la loi française sur le devoir de vigilance impose à certaines sociétés la publication d’un rapport sur les mesures prises pour prévenir les risques en matière d’environnement, de droit humain et de lutte contre la corruption liés à leur activité – aussi bien en interne que dans leurs filiales ou auprès de leurs sous-traitants et fournisseurs. Et les observateurs prennent cela très au sérieux : plusieurs associations ont par exemple assigné Danone en justice pour non-respect de son devoir de vigilance.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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