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Pourquoi le « community organizing » inspire la génération Z en entreprise

Trois jeunes gens assis sur un canapé en train de rire derrière un ordinateur portable
© Anchiy via iStock

Co-construire une organisation pour faire valoir des intérêts communs, c’est le principe du community organizing. La jeune génération s’inspire de ces principes pour faire bouger les entreprises.

À l’origine, le community organizing décrit la façon dont des communautés locales s’organisent pour avoir plus de pouvoir. L’objectif : faire valoir leurs intérêts communs face aux politiques, aux entreprises ou à toute entité dont les décisions influencent (négativement) leur vie. Particulièrement plébiscitée par les associations, la méthode s’invite en entreprise… et séduit les plus jeunes.

C’est quoi, le community organizing ?

Le community organizing n’a rien de neuf, puisque le concept a été théorisé par le sociologue américain Saul Alinsky dans les années 1930. À l’époque, il s’inspire des méthodologies d’actions syndicales pour lutter contre la délinquance des quartiers de Chicago.

Depuis, d’autres théoriciens se sont emparés du concept pour le moderniser et le décliner. Ainsi, le community organizing décrit une méthode d’action par la coalition d’une communauté. Celle-ci dispose alors d’un pouvoir collectif, qui a vocation à s’exercer de façon durable et responsable. Le tout, au service du bien commun. Avant de distribuer le pouvoir et les ressources de manière équitable, plusieurs étapes sont nécessaires. La première consiste à faire un état des lieux des inégalités ou des obstacles qui représentent une nuisance au quotidien. Ensuite, la communauté doit élaborer une solution – et la porter grâce à un discours – pour corriger le tir. Cela ne peut passer que par la création d’un groupe soudé et sensibilisé.

La communauté organisée fonctionne en démocratie ouverte et accessible. Ses membres doivent gagner en autonomie et en responsabilités dans la durée.

Comment le community organizing se traduit-il en entreprise ?

À l’heure où les entreprises rivalisent d’ingéniosité pour « casser les silos » et sont sommées de faire preuve de transparence y compris dans leur gouvernance, le community organizing fait son chemin. « Les entreprises sont des communautés à part entière », note Sarah Gogel. Cette entrepreneuse sociale s’est formée aux États-Unis (Harvard, Wurzweiler School of Social work, Northeastern University Law School, Brandeis). Elle préside l’association YES Akademia (YAKA) qu’elle a fondée, dirige l’association MADERA et explique que le community organizing permet d’engager un écosystème sur des sujets sociétaux ou environnementaux. « Ce sont parfois de petites actions qui se mettent en place. Sur le mode du colibri, chaque personne se mobilise. »

Qu’il s’agisse d’améliorer l’offre de l’entreprise en externe (en proposant des produits plus vertueux ou responsables de l’environnement, par exemple) ou en interne (en réduisant les inégalités et les discriminations), les méthodes du community organizing peuvent aider à débloquer certaines situations. « L’un des principes du community organizing est de créer un lien personnel avec son interlocuteur, détaille Sarah Gogel. Tout l’enjeu est de trouver cette connexion. Même si le lien est ténu et n’aboutit pas tout de suite à un grand projet ! Il permet de réfléchir au prochain petit pas, à d’autres mises en liens qui peuvent être plus vertueuses », précise-t-elle.

Pourquoi le concept séduit la génération Z ?

Sarah Gogel enseigne les principes du community organizing à Sciences Po et témoigne des expériences des alumni de YES Akademia. « Ils appliquent les compétences acquises à leurs vies professionnelles. Ils comprennent comment mobiliser leur entourage, ont appris à négocier, à mettre en place des actions qui ont du sens. » Selon elle, le community organizing est totalement aligné avec « le réveil de la jeunesse ». « La jeune génération veut comprendre pourquoi elle agit, connaître l’histoire d’autrui pour façonner la sienne et en écrire de nouvelles, en faveur du bien commun. »

Elle rappelle que la génération Z cherche à redonner un sens à sa carrière. « Ces concepts leur permettent d’être alignés avec leur vision. On le voit chez nos anciens élèves, qui sont très connectés à ce qui les concerne au niveau individuel, et à ce qui les connecte à leur communauté. »

En 2023, l’ancien président d’Unilever Paul Polman soulignait dans un rapport que la génération Z était la plus à même de démissionner lorsqu’une entreprise manquait de valeurs (« conscious quitting »). Elle est aussi celle qui porte haut et fort des revendications en matière d’inclusion des personnes handicapées ou racisées, d’égalité de genre ou d’engagement environnemental. Pour éviter que la génération Z ne déserte, les entreprises ont tout intérêt à adopter une posture qui favorise le community organizing, « l’une des stratégies les plus puissantes pour initier des évolutions sociales », estime la plateforme de solutions ESG Brightest.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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