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Local, sobre, green : pour son site web, faut-il être un petit producteur ?

Une feuille en forme de cœur sur un circuit imprimé
© weerapatkiatdumrong via iStock

L'éco-conception n'est pas réservée à l'industrie. Pour alléger leur empreinte carbone, les entreprises revoient leurs critères de développement web.

Local, de saison, bio : un site web écolo se reconnaît-il comme un melon ? Non. Difficile pour les internautes d’identifier un site « vert » au premier coup d’œil. Pourtant, l’avènement de la RSE pousse les entreprises à limiter leur impact sur l’environnement… y compris leur empreinte numérique. Comme pour leurs produits, elles se mettent à l’éco-conception pour imaginer des sites web plus respectueux de la planète.

Ça veut dire quoi ?

« Les entreprises cherchent à créer des services numériques plus responsables », souligne Amélie Poirier, UX/UI designer senior au sein de l’agence d’éco-conception web Niji. Pour cela, elles souhaitent que leur site web réponde à 4 impératifs : « l’accessibilité (régulée par le RGAA), le respect des données personnelles (chapeauté par le RGPD), la durabilité (guidé par le RGESN) et l’éthique pour rendre les services plus inclusifs ».

Un site web éco-conçu est donc notamment pensé pour avoir un impact réduit sur l’environnement. Cela passe d’abord par un calcul de cet impact. Plusieurs critères entrent en ligne de compte : le type d’hébergement du site, le nombre de pages sur le site, le nombre de requêtes par page, le poids et le temps de chargement de chaque page. Pour faciliter le travail aux entreprises, il existe des outils (comme EcoIndex) qui calculent ce « score environnemental », par une note allant de A (très bon) à G (très mauvais). Et ils peuvent même indiquer l’équivalent de ce qu’il consomme en eau ou rejette en gaz à effet de serre.

Mais pourquoi donc ?

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à recourir à l’éco-conception, notamment afin d’améliorer leur bilan RSE. L’impact de leurs activités numériques, site web en tête, est pris en compte dans le calcul de leur empreinte environnementale. Les réglementations de plus en plus restrictives en la matière les poussent donc à s’y intéresser de plus près.

Cet engagement se traduit aussi par une meilleure performance. « Côté expérience utilisateurs, le parcours de navigation est plus fluide et plus court, observe Amélie Poirier. L’utilisateur atteint son but plus rapidement, ce qui est un motif de satisfaction. Le poids des pages étant pris en compte par les moteurs de recherche, l’éco-conception présente aussi un intérêt en termes de SEO. » Le trafic du site de la RATP, a ainsi bondi de 52% après sa refonte par le studio Niji. Une conséquence directe de l’allégement du site, au propre (le poids des pages a été réduit de 90%) comme au figuré, puisque le nombre de pages a été divisé par plus de 4.

Comment faire ?

Choisir un hébergement responsable. C’est une première étape indispensable. Comme pour les fruits et légumes, faire le choix du local, c’est éviter que les données ne fassent le tour de la planète. Il faut aussi prêter une attention particulière aux pratiques de l’hébergeur choisi : data centers alimentés par de l’énergie renouvelable, méthodes de refroidissement qui limitent la consommation d’eau et d’énergie, serveurs optimisés…

Élaguer son arborescence. Comme pour les végétaux, une taille régulière s’impose ! « Il est nécessaire de mettre en place une stratégie de fin de vie du contenu présent sur le site, rappelle Amélie Poirier. Cela permet de limiter la surcharge de contenus, notamment pour les actualités ‘chaudes’ qui ne sont plus pertinentes plusieurs mois après leur publication. » Moins mais mieux, voilà la clé d’un site web moins gourmand !

Opter pour un design sobre. Ce n’est pas Versailles, ici. Oubliez les boutons clignotants, les animations superflues et les immenses images inutiles. Le plus court et le plus sobre sont le mieux pour faire passer le message à l’internaute. Et alléger les pages – et donc gagner en temps de chargement.

Se préoccuper du SAV. « Quand on modifie déjà beaucoup de choses, c’est difficile de tout faire dès la première version », reconnaît Amélie Poirier du studio Niji. Il faut donc accepter que le site web fasse l’objet d’une « démarche itérative ». L’audit réalisé au début et à la livraison du projet permet d’ailleurs de mesurer ce qu’il reste parfois à améliorer. Y compris dans les pratiques de l’entreprise ! « Nous livrons une coquille mais c’est le client qui la remplit avec ses contenus. C’est pourquoi nous lui donnons un guide pour respecter les principes fondamentaux de l’éco-conception. » Charge aux entreprises de maintenir leur poids de forme après le régime.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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