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La mauvaise santé mentale des équipes peut coûter cher aux employeurs

Un homme stressé à son bureau, sollicité de tous les côtés.
© PeopleImages via iStock

Se préoccuper de la santé mentale de ses équipes n’est pas qu’un enjeu RH pour les entreprises : il s’agit aussi d’un enjeu business.

Les salariés français ont le moral dans les chaussettes. Ils seraient même 23% à se trouver dans « un état de santé mentale critique », révèle le baromètre mené par Teale, plateforme qui s’intéresse aux liens entre santé mentale et monde du travail. Et les entreprises feraient bien de s’en préoccuper. Car la santé mentale est, entre autres, un levier de performance. C’est même l’OMS qui le dit : une bonne santé mentale permet « de travailler avec succès et de manière productive ». Une affirmation corroborée par l’enquête, qui note que les salariés en bonne santé mentale sont 2,2 fois plus nombreux à se déclarer motivés pour travailler de façon productive que ceux qui souffrent d’une santé mentale altérée.

La (mauvaise) santé mentale des équipes pèse sur les entreprises

Les troubles liés à la santé mentale représentent la première cause d’arrêts de travail longue durée après le Covid, révélait déjà le baromètre de l’absentéisme Malakoff Humanis, en juin 2023. Résultat : Teale chiffre à 3 000 euros par collaborateur et par an pour les entreprises le coût des problèmes de santé mentale. Ce n’est pas tout : à l’heure où les entreprises peinent à recruter, 30% des personnes interrogées déclarent avoir déjà envisagé de quitter leur emploi pour protéger leur santé mentale. Des chiffres qui soulignent l’importance, pour les employeurs, de s’emparer des enjeux liés au bien-être de leurs équipes.

Les salariés sont déprimés…

L’étude note qu’en moyenne, les personnes interrogées sont dans un état de santé « sous-optimal ». Elles sont même 23% à souffrir « d’un état de santé mentale critique ou à risque de dépression ». Les scores enregistrés sont moins bons qu’en 2022, ce qui laisse supposer que le rebond espéré au sortir de la crise sanitaire n’a pas eu lieu.

Il faut dire que, depuis celle-ci, les crises s’enchaînent. Le contexte économique et géopolitique a un impact sur le moral des équipes. Pour preuve : le mois d’octobre 2023 a été marqué par une baisse brutale du moral des salariés. Les équipes de Teale expliquent qu’une telle chute est habituellement visible à partir de novembre. « Le contexte pourrait avoir mis à mal précocement le regain d’énergie psychique constaté d’ordinaire à l’issue de l’été », note le baromètre.

Les équipes de Teale recommandent de mettre en place une stratégie d’anticipation pour inverser la tendance. « Le point de départ pour améliorer la santé mentale des salariés est d’admettre que le bien-être psychologique du capital humain est un sujet stratégique. » C’est-à-dire qu’en termes de RH et de management, le sujet doit être pris à bras le corps, au sein « d’une politique élaborée avec soin ». Pour ce faire, il convient d’analyser les forces et les faiblesses de l’organisation, afin de comprendre les facteurs de risque. Cela permet, dans un second temps, d’identifier les ressources à mobiliser pour mettre sur pieds des solutions adaptées à 3 niveaux : individuel, managérial et collectif.

… stressés…

55% des personnes interrogées ont affirmé avoir été stressées au cours des 2 semaines précédant l’étude. Problème : ce stress n’est pas ponctuel et a des effets néfastes sur leur santé. Parmi celles-ci, 48% estiment en effet que le niveau de stress au travail n’est « pas gérable » et 65% ne pas savoir comment se débarrasser de leurs pensées négatives. Parmi les salariés se déclarant stressés, seuls 4% ont la sensation d’être en bonne forme physique (contre 59% des salariés non stressés). Les psychologues du travail pointent du doigt plusieurs conséquences : un épuisement des ressources plus rapide, mais aussi des difficultés de concentration et l’apparition de problèmes de sommeil.

Il est pourtant possible d’apprendre des techniques de gestion du stress, notamment avec la « métacognition », expliquent les équipes de Teale. La métacognition doit permettre la détection des signaux d’apparition de stress – à titre individuel ou collectif. Les organisations peuvent proposer à leurs salariés d’être accompagnés par des professionnels de santé, ou mettre à leur disposition des outils numériques de gestion du stress. Certaines applications se déploient directement à l’intention des organisations – à l’instar de Teale, donc, mais aussi Moha ou Zest.

… et ont du mal à trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle

Une autre cause du mal-être des salariés soulignée dans l’étude est un « déséquilibre » de vie notable. En effet, 33% des personnes interrogées affirment ne pas être satisfaites de l’équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle. En cause : une charge mentale pro qui pèse trop lourd. 62% des personnes concernées estiment être très occupées au travail et ne pas ressentir de satisfaction dans leurs missions. Elles sont aussi 55% à déplorer un manque de ressources (financières, humaines, matérielles ou temporelles) pour mener à bien leurs projets.

Pour les entreprises, l’enjeu est donc d’identifier les ressources qui font défaut. Dans le cas où les moyens manquent, certains dispositifs sont faciles à activer pour réduire la charge mentale des salariés. Encadrer le temps de réunion, former les managers au respect des horaires de travail, ou encore co-élaborer des « to-do lists » équilibrées avec les salariés par exemple.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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