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IA et transition écologique font bon ménage (à une seule condition)

Une main robotique et une main composée de verdure se touchent le doigt.
© koya79 via iStock

Mettre l’intelligence artificielle au service de la transition écologique, c’est l’une des ambitions d’Ecolab, le pôle ministériel écologie énergie territoires. Pour ce faire, il faut lever certains freins.

« Nous sommes à une époque où nul ne peut faire l’impasse sur la donnée. Et certainement pas les décideurs et les décideuses. » Si Thomas Cottinet insiste autant sur l’importance des données, c’est qu’il en est persuadé : bien analysées et pilotées correctement, elles doivent servir la cause environnementale. C’est ce qu’il défend avec ses équipes dans la feuille de route « Intelligence artificielle et transition écologique » d’Ecolab, le pôle ministériel écologie énergie territoires.

Les liens entre IA et transition écologique

« Quand nous parlons d’intelligence artificielle, nous parlons du cas d’usage de la donnée », précise Thomas Cottinet. Face aux enjeux de réduction des émissions de CO2 – le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, affichait en juillet 2023 l’ambition de réduire de 140 millions de tonnes les émissions de la France d’ici 2030 – il faut activer des leviers performants. « L’IA en fait partie », affiche l’expert, confiant. Transports, bâtiment, énergie, économie circulaire, gestion des déchets… « L’intelligence artificielle permet de faire des économies massives de ressources et d’énergie. Elle doit aussi guider certains choix. C’est un nouvel arbitre dans la prise de décisions. » Mais ce n’est pas tout : l’IA au service de l’environnement, c’est aussi la possibilité de réduire l’empreinte des solutions numériques de la transition écologique.

Juliette Fropier, cheffe de projet IA et transition écologique d’Ecolab, rappelle que les données doivent permettre d’établir des tendances. En ce sens, l’IA permet d’alléger les modélisations climatiques en ne passant pas par une modélisation physique. « Nous explorons de multiples scénarios plus rapidement afin de prédire les risques de catastrophes climatiques, de mesurer les potentielles économies en eau ou en énergie », illustre-t-elle.

À travers le financement de solutions, Ecolab identifie des innovations concrètes. « Nous avons lancé un appel d’offres en 2022 afin de financer les meilleurs démonstrateurs d’IA frugale pour la transition des territoires. » Réduction de la consommation énergétique des bâtiments, optimisation des procédés de nettoyage des déchets, implantation de panneaux solaires… « Tout l’enjeu est de financer des projets qui soient duplicables et compréhensibles pour les citoyens. »

Lever les freins

Juliette Fropier rappelle ainsi qu’une IA doit être « explicable » – c’est-à-dire qu’il faut sensibiliser, au-delà des décideurs, toutes les personnes qui vont interagir avec l’écosystème pour qu’ils soient certains de son utilité. « L’apport de la solution d’IA doit être supérieur à ce que coûte son déploiement. » C’est pourquoi les équipes d’Ecolab ont mis sur pied des formations. « Nous partons de très loin, constate Thomas Cottinet. L’innovation technologique est consubstantielle à notre quotidien. Tous les citoyens, et a fortiori les décideurs, doivent être un minimum formés à la compréhension de la donnée. »

Le boom de l’IA générative a permis une certaine prise de conscience, mais ce n’est pas suffisant. Pire : cela crée des fantasmes qui peuvent entraver l’adoption de l’IA au service de l’environnement. « Il faut en même temps combattre les idées reçues, éviter les biais et assurer une forme d’éthique. Nous organisons des événements, comme la journée de la donnée, pour faire monter les gens en compétence. Mais il faut mettre en place une meilleure offre de formation, créer des communs. »

Rassurer grâce aux labels

L’une des façons de créer des standards communs et de rassurer : la labellisation. Ecolab a ainsi créé le label Greentech Innovation, qui a été accordé à 270 entreprises jusqu’à présent. « Il est important d’avoir des points de repère, surtout lorsque l’on parle de prétentions autour de l’IA et de la transition écologique. Ce sont 2 champs exploratoires, rappelle Thomas Cottinet. Et comme souvent, ils comprennent leur part de risque. Est-ce que l’on a affaire à une IA malveillante ? À du greenwashing ? C’est pour répondre à ces questions que nous avons pour ambition de doter le pays d’une norme d’IA frugale. » Juliette Fropier explique que le travail est mené de concert avec le groupe Afnor et doit permettre de développer de bonnes pratiques. « Les entreprises et les acteurs de la recherche sont très intéressés par le projet », assure-t-elle.

L’IA et l’environnement après 2025

La feuille de route établie s’étend jusqu’à 2025. Quand on les interroge pour savoir ce qu’il se passera après, les experts sont honnêtes. « La vitesse à laquelle le sujet évolue ne permet pas de se projeter à un horizon trop lointain. » Thomas Cottinet fait notamment référence aux progrès de l’IA générative. « Il faut réussir à rester dans ce train à grande vitesse, sans négliger le contexte dans lequel nous sommes, à savoir celui où s’appliquent les réglementations européennes, où l’éthique doit guider les choix et où la souveraineté reste en ligne de mire. » Rendez-vous début 2025, donc, pour faire un bilan, « qui pourrait bien dépasser les prévisions actuelles », conclut Thomas Cottinet.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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