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Les dirigeants d’entreprise ne sont pas dupes du solutionnisme technologique

Non, les nouvelles technologies ne sont pas la solution à tous les maux de notre époque
© Fletcher Pride via Unsplash

Les nouvelles technologies sont indubitablement un vecteur de performance pour les entreprises. Mais restent bien impuissantes face à de grands défis sociétaux.

Le progrès technologique est-il forcément synonyme de progrès sociétal ? Le Baromètre de la confiance des dirigeants d’entreprise dans la tech, publié par Viva Technology et Wavestone, donne quelques éléments de réponse. L’étude, menée par OpinionWay en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, montre que les répondants voient d’abord dans la technologie un vecteur de performance pour leur entreprise. 96% jugent ainsi que l’intégration des nouvelles technologies est un enjeu crucial pour garantir la compétitivité de l’entreprise. La quasi-totalité des répondants voit dans « la capacité à adopter et exploiter ces avancées technologiques » un enjeu pour « assurer la pérennité de leur entreprise ».

Mais les dirigeants sont comme Saint-Thomas : ils ne croient qu’à ce qu’ils voient. Au moment d’investir, ils privilégient les technologies qui présentent des cas d’usage déjà éprouvés. « L’innovation dans l’IA ou le cloud computing a déplacé les ressources vers des technologies offrant des résultats tangibles et immédiats », note le baromètre. Une analyse partagée par Eva Rosilio, responsable incubateur d’innovation chez Wavestone : « la confiance dans une technologie s’accroît lorsque des gains tangibles sont espérés sur des sujets clés comme l’expérience client ou les gains de productivité ».

Des dirigeants curieux mais pas subjugués par l’IA

La technologie citée par les dirigeants comme la plus prometteuse pour l’avenir de leur activité est l’intelligence artificielle. Mais sans un enthousiasme délirant : seulement 63% des répondants la citent. Et ils prennent garde à ne pas confondre vitesse et précipitation, moins d’1 entreprise sur 2 (46%) ayant déjà investi dans l’IA. Et si 33% envisagent de le faire, les dirigeants ne précisent pas à quel horizon.

Là encore, les dirigeants fondent leurs décisions sur une analyse rationnelle de l’IA. 52% constatent une augmentation de la performance financière de leur entreprise après l’adoption de nouvelles technologies. Et l’IA « permet d’identifier des tendances cachées et des opportunités de marché », précieuses pour doper la compétitivité des entreprises. C’est parce qu’elle a déjà fait ses preuves que les dirigeants misent sur l’IA, pas par technophilie aveugle.

À ce titre, les dirigeants français se montrent même particulièrement pragmatiques : à l’IA, ils préfèrent la cybersécurité, qu’ils positionnent en tête de leurs priorités (60% contre 57% pour l’IA). Une sorte de prérequis à l’adoption d’autres technologies plus disruptives, telles que l’IA. « De nos jours, la sécurité constitue un axe majeur et crucial dans le processus de sélection des nouvelles technologies« , assure ainsi Thibault de Tersant, directeur adjoint chez Dassault Systèmes.

Une tech incapable de répondre aux défis sociétaux

Les dirigeants font aussi confiance à la technologie pour constituer « une solution aux défis de notre époque » : 93% s’accordent là-dessus. Du moins, en théorie. Car au moment de citer des défis précis, ils ne sont plus que 44% à mentionner le combat contre la désinformation, qui arrive en tête des réponses. Moins d’1 dirigeant sur 2 fait donc confiance aux nouvelles technologies pour contribuer à des enjeux spécifiques.

La technologie est un outil privilégié pour répondre à des défis technologiques, telles que la prolifération des fake news. Mais elle reste quelque peu impuissante face à des défis sociétaux. Le changement climatique est ainsi cité par seulement 37% des répondants parmi les défis que la tech pourrait résoudre… En France, c’est encore plus marqué. 75% des dirigeants expriment leur inquiétude face à l’impact des nouvelles technologies sur l’environnement.

« À mesure que nous poussons les limites de l’innovation, il semble également nécessaire de considérer les limites planétaires. Et intégrer des principes de durabilité dans la conception et l’utilisation des technologies« , évoque ainsi le baromètre. Sa conclusion enterre définitivement le techno-solutionnisme  : « la perspective de devenir une « Lowtech Nation » qui privilégie la simplicité technologique sur l’hyper-innovation peut être une source de réflexion, résonnant avec l’idée de rendre la technologie durable et essentielle, plutôt que simplement compétitive ».

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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