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À la barre d’infra2050 : 3 questions à son nouveau président, Cédric Moscatelli

Cédric Moscatelli
© Delmarty

Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, chiche ? C’est le pari que tente de relever infra2050, nouveau Pôle de compétitivité des infrastructures, dont Cédric Moscatelli prend la présidence.

Chaque mois, Intelekto part à la rencontre d’une personnalité qui fait bouger son secteur. Pour cette « nomination du mois », nous avons interrogé Cédric Moscatelli, nouveau président du Pôle de compétitivité infra2050. Entre enjeux à long terme et mandat à court terme, il nous explique que l’important reste de fédérer les acteurs du secteur.

Pouvez-vous nous présenter infra2050 ?

Cédric Moscatelli : Le secteur des infrastructures, qui représente en France près de 8 500 entreprises et 350 000 personnes, n’était pas encore doté de Pôle de compétitivité. Nous avons été labellisés dans le cadre du dernier appel à projets de 2022 avec l’objectif de décarboner les infrastructures à horizon 2050. Conception, exploitation, construction, maintenance… Nous travaillons sur tous les projets qui doivent adapter les infrastructures actuelles aux changements climatiques et technologiques de demain. Cela couvre un grand champ d’action : nouvelles énergies, nouvelles mobilités… Nous misons également beaucoup sur la collecte de données. Les data doivent nous permettre d’optimiser les infrastructures de demain. L’idée est de pouvoir prévoir les comportements et dégâts éventuels à venir afin d’anticiper plutôt que de réparer. Ainsi, nous pouvons réduire les coûts financiers et environnementaux.

Est-il réaliste de vouloir atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ?

C. M. : Nous menons de nombreuses actions pour y parvenir. Celles-ci doivent principalement nous permettre d’adapter les infrastructures aux nouveaux usages et non pas de construire de nouvelles infrastructures dédiées. Nous travaillons beaucoup avec les jumeaux numériques, par exemple. Le défi carbone est de taille, bien sûr, mais certaines solutions sont prometteuses. Je pense notamment aux nouveaux matériaux, comme le ciment ou le béton bas carbone. Il s’agit de matériaux qui existent mais il faut encore faire évoluer la réglementation et les normes – françaises, européennes et techniques – pour les implémenter. Pour atteindre nos objectifs, nous allons devoir travailler main dans la main avec les pouvoirs publics. L’avantage, c’est que la majorité des acteurs concernés sont conscients des enjeux. Nos adhérents sont convaincus et tous travaillent dans la bonne direction. Nous mesurons vraiment un changement d’échelle en termes de prise de conscience. D’une part, les médias partagent plus le sujet. De l’autre, nous vivons de plus en plus personnellement les conséquences du dérèglement climatique. Les laboratoires de recherche disposent également des compétences pour accélérer les choses. Se pose la question des délais… Mais en tant que Pôle de compétitivité, nous devrions pouvoir aller assez vite. Nous avons d’ailleurs plusieurs points d’étapes, dans la mesure où la labellisation n’est validée que pour 5 ans, avec une clause intermédiaire à 2 ans. Notre objectif est de labelliser un peu plus d’une vingtaine de projets d’innovation par an.

Les objectifs demandent une vision à long terme, pourtant la durée de votre mandat est de 3 ans. Est-ce compatible ?

C. M. : Il faut voir au-delà de mon rôle de président et penser infra2050 dans sa globalité de Pôle de compétitivité. Il y a toute une équipe qui travaille pour un objectif commun, pour une même vision. Nos adhérents sont les acteurs, c’est la communauté qui anime le Pôle, agit, innove. Mon rôle est de trouver les moyens pour la faire fonctionner. D’une certaine façon, nous sommes un catalyseur qui dressons une feuille de route, bien au-delà de l’horizon de mon mandat. Ces 3 années doivent être mises au service d’un agenda long terme et permettre de lancer de grands projets, sans forcément les voir aboutir dans ce temps restreint. Il s’agit de poser les briques de quelque chose qui émergera dans 5 ou 10 ans. Je travaille pour le futur !

Biographie de Cédric Moscatelli

Cédric Moscatelli est directeur général du Groupe CAN. Associé de l’entreprise à mission Team for the Planet qui souhaite rassembler 1 milliard d’euros pour déployer 100 innovations contre le réchauffement climatique, Cédric Moscatelli est également conseiller du Commerce Extérieur Auvergne-Rhône-Alpes. Il était président du cluster INDURA depuis 2022.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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Cagnat-Fisseux
il y a 6 mois

Merci pour cet article. Au delà du ciment bas carbone pouvez vous nous donner d’autres exemples d’initiatives que vous soutenez je vous prie ?

F. Gautheron
il y a 6 mois
Répondre à  Cagnat-Fisseux

Bonjour, vous trouverez de nombres exemples sur le site d’Innov’Day TP, le salon que nous organisons, dédié à l’innovation dans notre secteur qui se déroulent tous les 3 ans : http://www.innovdaytp.com.
Un concours met en avant les innovations les plus récentes. Il montre surtout l’ingéniosité de nos entreprises et nos sociétés d’ingénierie en termes de produits, systèmes et services. Leurs engagements est grandissant et les idées foisonnantes.
Nous travaillons quotidiennement avec nos membres à l’accomplissement de leurs idées et à l’atterrissage de leurs innovations sur le marché. C’est toute une dynamique qu’offre le pôle infra2050.