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La cybersécurité peut-elle concilier sobriété et efficacité ?

L'écologie devient un critère de choix pour les solutions de cybersécurité
© pcess609 via iStock

L'écologie devient un critère de sélection des offres de cybersécurité. Mais jamais au détriment de l'efficacité, qui reste la principale préoccupation des clients.

La question de la compatibilité entre écologie et efficacité est régulièrement posée. Les tests pour choisir la lessive ou l’appareil électroménager les plus « sobres » tout en étant les plus efficaces foisonnent. Le problème se pose aussi aux entreprises au moment de sélectionner un équipement ou un fournisseur. Et la cybersécurité n’échappe plus à cette nouvelle grille de réflexion.

D’autant que RSE et cybersécurité sont astreintes aux mêmes objectifs, estime Jean-François Aliotti, co-fondateur d’Almond. « En matière de cybersécurité, il est de la responsabilité de l’entreprise de bien se protéger, de protéger les données de ses clients et de ses fournisseurs. Bref de montrer le moins de failles possibles. Le parallèle est évident avec la RSE. » Un constat partagé par Pauline Mendiela, DPO du groupe Finegan : « la cybersécurité est une préoccupation transverse où l’on essaye de créer de la confiance dans un environnement de plus en plus compromis, de défendre la réputation de l’entreprise… comme la RSE », affirme-t-elle.

L’écologie, une préoccupation « marginale » en cybersécurité

Des préoccupations écologiques qui s’intègrent aujourd’hui aux appels d’offres du secteur. « Un bilan carbone le plus bas possible n’était pas discriminant jusqu’à présent pour gagner des appels d’offres. Mais il va le devenir », veut croire Jean-François Aliotti. Au même titre que la stratégie de sauvegarde ou la politique en matière d’accès, la consommation d’énergie des outils devient « un critère d’évaluation ». « Les clients posent beaucoup de questions sur la politique de recyclage du constructeur, veulent savoir où l’on construit le hardware, avec quels matériaux », illustre Mattieu Dierick, expert en cybersécurité chez F5. Qui note tout de même que cela reste aujourd’hui « marginal ».

Et pour cause, la préoccupation principale des entreprises reste l’efficacité. « L’écologie ne sera pas prise en compte au détriment d’autres facteurs », tranche ainsi Pauline Mendiela. Face à des menaces plus nombreuses et plus sophistiquées, « aucun client n’est prêt à accepter moins de performance pour un meilleur bilan carbone », atteste Jean-François Aliotti.

Éco-conception et pression sur les fournisseurs

Pour améliorer leur bilan carbone sans rogner sur la performance, les spécialistes de la cybersécurité disposent de plusieurs leviers. Les développeurs travaillent à un code plus propre, en essayant de « réduire son poids pour avoir des applications plus performantes en termes de coûts et d’énergie », explique Pauline Mendiela. Almond, de son côté, « a modifié son infrastructure SaaS pour diminuer de 40% en 1 an sa consommation carbone », affirme fièrement son co-fondateur.

Ce qui n’empêche pas les éditeurs de logiciels comme les entreprises clientes de mettre aussi la pression à leurs prestataires de stockage de données – dont les consommations entrent dans le bilan carbone de leurs clients par le biais de leurs émissions de scope 3. « Ils travaillent avec les constructeurs de matériel pour améliorer les systèmes de refroidissement, explique Matthieu Dierick. Aujourd’hui, certaines sociétés sont capables de construire des data centers passifs. » Autre solution plébiscitée, « l’autoscale » qui consiste pour les hébergeurs à « allumer et éteindre automatiquement des serveurs virtuels en fonction de la demande ». Et ainsi éviter que des serveurs ne fonctionnent en permanence pour rien.

Un investissement plus qu’un coût

Reste que le vert se paie. Et se paie cher. Centres de données implantés au plus près des entreprises clientes, composants et systèmes d’alimentation pensés pour consommer le moins possible, climatisation naturelle : « plus on va chercher à avoir une cybersécurité green, plus cela coûtera cher », confirme Matthieu Dierick. Les entreprises sont-elles prêtes à assumer ce surcoût ?

Oui, répondent les experts, si on considère la facture comme un investissement. « L’éco-conception demande des efforts plus importants au niveau du développement [des applications ou des solutions de stockage, NDLR]. Mais une solution plus légère, moins complexe, coûtera aussi moins cher quand elle sera utilisée », souligne Pauline Mendiela. « Si l’on optimise les solutions d’un point de vue émissions carbone et consommation électrique, cela va forcément réduire les coûts de revient », appuie Jean-François Aliotti. En cybersécurité aussi, écologie rime avec économies.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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