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C’est officiel : les dirigeants français sont les plus gros bourreaux de travail

Un homme travaillant tard le soir dans son bureau, sur son ordinateur portable, la lumière allumée alors qu'il fait nuit dehors.
© recep-bg via iStock

En France, les cadres seraient, plus qu’ailleurs, accros au travail. C’est le résultat d’une étude internationale. Elle pointe du doigt l’incapacité des entreprises à surmonter l’instabilité économique actuelle.

Les habitudes de travail de leaders économiques et chefs d’entreprise du Royaume-Uni, des États-Unis, des Émirats arabes unis, d’Égypte, de Hong-Kong, de Singapour et de France ont été passées au crible par le groupe privé d’assurance Bupa Global. Et les résultats sont sans appel : c’est en France que l’on retrouve les plus grands « binge-workers » !

De longues journées sans pause

Pour appuyer ce constat, plusieurs chiffres. Tandis que dans le reste des pays interrogés, seuls 25% des dirigeants ne prennent pas de pause régulière, en France, la proportion grimpe à 40%. Le tout, combiné à des journées à rallonge. Ces résultats s’expliquent par plusieurs facteurs. Le premier, c’est que nos leaders seraient très préoccupés par leur performance individuelle. Le second, c’est le manque de confiance en leur propre entreprise pour faire face à l’instabilité économique. La troisième, c’est une aversion pour le télétravail (qui serait, selon l’étude, un moyen d’accéder à plus de loisirs personnels). Tout cela contribuerait à une « addiction au travail » plus forte que dans les autres pays.

En filigrane, la question de la santé mentale

Les résultats font sourire la presse étrangère, qui s’amuse que le pays des 35 heures et des « longues vacances d’été » soit aussi celui où les dirigeants ont le plus de mal à déconnecter. En réalité, en France, les cadres dirigeants ne sont soumis à aucune durée de travail – ni minimale, ni maximale.

L’étude note qu’au niveau global, 89% des leaders ont présenté des symptômes de mauvaise santé mentale en 2022 (contre 77% en 2021), mais en France, le sujet du burn-out chez les chefs d’entreprise reste parfois tabou. Fin 2022, une enquête de l’Observatoire Amarok s’intéressait à l’épuisement professionnel de cette partie de la population. Avant la crise sanitaire, 17,5% des dirigeants avouaient le craindre. En 2020, ils étaient 34,65%. En 2021, 36,77%. Et face aux nouveaux défis qui s’annoncent – d’un point de vue RH ou du contexte économique – il n’est pas certain que les résultats s’améliorent pour l’année à venir. 

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