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ODD en entreprise : durabilité et social vont de pair

Deux mains tenant un globe terrestre entouré de feuilles vertes.
© BlackSalmon via iStock

Bonne nouvelle : les entreprises s’alignent de plus en plus avec les objectifs de développement durable de l'Onu ! Mais celles-ci ne doivent pas oublier que la durabilité doit inclure le social.

17 objectifs pour sauver le monde. Rien que ça ! Les ODD – pour Objectifs de Développement Durable – ont été définis par l’Onu pour guider l’ensemble des parties prenantes sur la voie d’un monde plus durable, mais aussi plus équitable, d’ici 2030. Et nombre d’entreprises s’en servent comme feuille de route pour mener leur stratégie RSE. C’est le résultat du dernier baromètre ODD réalisé par le Pacte mondial – Réseau France et PwC France et Maghreb.

L’avantage des ODD : un langage commun

99% des entreprises interrogées pour cette enquête annuelle disent connaître les ODD. Elles sont aussi nombreuses à en mesurer les avantages : pour 81%, intégrer les ODD à leur stratégie permet d’en faire un outil de communication interne ou externe. « Il y a des différences en termes de maturité. Les grandes entreprises ont adopté le sujet assez tôt, dès 2015 », note Nils Pedersen, délégué général du Pacte mondial – Réseau France. « De leur côté, les PME ont adopté les ODD parce qu’elles y voient un outil de différenciation, un levier de compétitivité face à la concurrence. Ils leur permettent de structurer leur démarche RSE », poursuit-il. Un constat partagé par Émilie Bobin, associée développement durable chez PwC France et Maghreb. « Il y a eu un énorme effort, notamment du Pacte mondial, pour que les ODD puissent s’appliquer aux entreprises. L’avantage, c’est qu’ils permettent de créer une feuille de route commune, avec un langage commun, pour répondre aux attentes des parties prenantes, des donneurs d’ordres ou des investisseurs », analyse-t-elle.

Cadre commun, enjeux multiples

Ce cadre universel, qui s’applique autant aux entreprises qu’aux États ou aux ONG, permet donc de construire une vision globale en matière de RSE. Mais tous les ODD ne résonnent pas de la même façon au sein des organisations. Ainsi, les entreprises priorisent les ODD qui se rapprochent le plus de leurs activités. Le top 5 sacre l’ODD 13 (Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques) champion des préoccupations. Un reflet d’une année marquée par les catastrophes climatiques. Émilie Bobin se réjouit que l’écart entre la parole et les actes se réduise. « Quand les conséquences deviennent palpables, les sujets s’inscrivent dans les agendas. » En seconde position, on retrouve l’ODD 8 (Travail décent et croissance économique), puis l’ODD 12 (Consommation et productions responsables), l’ODD 5 (Égalité entre les sexes) et l’ODD 3 (Bonne santé et bien-être). Une priorisation logique, d’après Nils Pedersen. « Pour être efficace, une entreprise doit prioriser ses actions. Elles n’ont pas toutes les mêmes capacités, ni les mêmes responsabilités. » Cependant, il insiste : il est important de considérer le développement durable au-delà du climat. « Dans le paysage médiatique, économique et politique, les ODD sont souvent associés à l’environnement. Il est important que l’on comprenne que le social et l’écologie vont de pair. Évidemment, le climat est un enjeu majeur. Mais rappelons que les sujets s’articulent les uns, les autres. Être exemplaire sur le climat aux dépens du social, ce n’est pas intéressant. »

« Pour décarboner l’économie, il faut se préoccuper de l’aspect social »

Pour Émilie Bobin, il est naturel de vouloir « décomplexifier » les projets. « Se contenter de dire que la RSE et les ODD relèvent de l’écologie et du dérèglement climatique, cela permet d’adopter une trajectoire de décarbonation sans se préoccuper du reste. Nous aurions tort de réfléchir ainsi, estime-t-elle. Nous ne pourrons pas décarboner l’économie sans se préoccuper de ses aspects sociaux. » Elle rappelle le besoin de s’aligner sur des standards internationaux. À ce titre, la Platform on Sustainable Finance européenne définissait en octobre 2022 les « minimum safeguards ». Ces garde-fous doivent s’assurer que, lorsqu’une entreprise s’engage dans des activités dites durables, elle se conforme à certains standards liés aux droits humains et du travail. Si la « sphère sociale » est souvent oubliée lors des discours politiques qui parlent de développement durable, c’est, d’après Nils Pedersen, « parce qu’en France, la justice sociale et les inégalités sont intégrées au cadre réglementaire social, ce qui est moins le cas en Asie ou aux États-Unis. Ainsi, ces questions sont censées mieux infuser dans les entreprises françaises », conclut-il.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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