L’éco-responsabilité, argument à double tranchant pour le recrutement

© Mert Guller via Unsplash

Les entreprises doivent pouvoir répondre aux exigences environnementales des candidats. Mais sans verser dans le greenwashing, au risque d’un effet boomerang.

Le vert a la cote. Dans les offres d’emploi, les entreprises usent – et abusent parfois – de l’argument d’éco-responsabilité pour attirer les candidats. « Tout ce que nous faisons peut avoir un impact significatif. C’est pourquoi nous agissons pour protéger la beauté de la planète en luttant contre le changement climatique, en respectant la biodiversité et en préservant les ressources naturelles », clame ainsi un groupe du CAC 40 dans une annonce pour recruter un profil tech.

Un discours qui fait écho à ceux de plusieurs promotions d’étudiants lors de leur remise de diplôme au printemps. À celle d’AgroParisTech, un groupe de « déserteurs » a appelé leurs camarades à « bifurquer » pour ne pas accepter de « job destructeur » ; à celle d’HEC, une ancienne élève a conseillé aux nouveaux diplômés « d’utiliser les portes ouvertes pour changer les règles » et éviter « l’effondrement environnemental ». De fait, « les candidats et les collaborateurs formulent des exigences d’engagement sur le sujet environnemental auprès des entreprises », constate Caroline Renoux, fondatrice du cabinet de recrutement Birdeo, spécialisé dans la RSE.

Un avantage concurrentiel

Les entreprises tentent d’autant plus de répondre aux aspirations des candidats que le recrutement est particulièrement difficile ces derniers mois, avec une pénurie de profils dans un certain nombre de secteurs. « La RSE est devenue incontournable, atteste Caroline Renoux. C’est déjà difficile de recruter, sans cela, c’est impossible. » Celles qui réussissent l’exercice prennent donc une longueur d’avance sur les autres entreprises en phase de recrutement.

Communiquer sur sa stratégie RSE présente un autre avantage pour les entreprises, financier celui-ci. Selon une étude réalisée l’année dernière par le Boston Consulting Group pour la Conférence des grandes écoles (CGE) et Ipsos auprès de plus de 2000 élèves et alumni de grandes écoles, plus de 60% d’entre eux seraient prêts à accéder à un poste plus précaire mais porteur de sens ; et ils accepteraient une réduction de salaire de 12% en moyenne pour aller travailler dans une entreprise en accord avec leurs valeurs sociales et environnementales.

Attention à ne pas se survendre

Encore faut-il pouvoir justifier de ses actions. Pas question de faire montre de greenwashing pour ferrer des candidats qui découvriront bien rapidement le pot aux roses. « Une entreprise doit pouvoir prouver ce qu’elle avance », souligne Caroline Renoux. La bonne recette ? « Être transparent et authentique, communiquer autant sur ce qui a été fait que sur ce qu’il reste à faire. »

Mieux vaut ne pas compter sur des mesures cosmétiques pour convaincre : l’étude du BCG montre que près d’1 étudiant sur 4 cite « la façon dont l’entreprise intègre les enjeux environnementaux et sociaux à ses activités » comme le premier levier de motivation. « L’entreprise doit s’intéresser à son impact selon son secteur d’activité, intégrer cela à son modèle économique. Un établissement financier qui dit qu’il trie ses déchets, c’est bien mais un candidat préférera savoir quels projets il finance », observe Caroline Renoux.

D’autant que les candidats disposent de plus en plus de ressources pour évaluer l’honnêteté du discours écologique des entreprises : rapports RSE et organigramme de la gouvernance pour les plus grandes entreprises, articles de presse et labels pour les plus petites structures. Pas question donc de survendre son engagement, au risque de faire fuir les candidats.

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