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Surveiller ses équipes ne serait pas une si bonne idée pour booster la productivité

© fizkes via iStock

Avec le télétravail, de nombreuses entreprises sont tentées d’installer des logiciels de surveillance sur les outils de leurs équipes. Objectif affiché : mesurer et augmenter leur productivité. Mais les conséquences ne sont pas toujours celles souhaitées.

Les employeurs ont toujours contrôlé l’activité des équipes sur leur temps de travail. Pointages et contrôles physiques se sont exportés des usines aux ordinateurs et prennent désormais la forme de logiciels de surveillance, favorisés par la généralisation du télétravail. Une étude de Software Advice s’interroge sur le ressenti provoqué par l’installation de tels logiciels, ainsi que leur impact sur la productivité.

Dans quel cadre les logiciels de surveillance peuvent-ils être installés ?

Tout d’abord, rappelons que la pratique est légale mais doit être cadrée. Un employeur a le droit de contrôler et surveiller l’activité des salariés pendant le temps de travail « à condition de respecter leurs droits fondamentaux et libertés individuelles », rappelle la loi. Il y a donc un certain nombre de choses à respecter. Par exemple, si un logiciel collecte des données personnelles, l’installation de celui-ci est soumise à l’approbation de la personne surveillée. Le Code du travail stipule « qu’aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté préalablement à sa connaissance ». Une obligation qui n’est pas toujours respectée : seules 62% des personnes interrogées soumises à un logiciel de surveillance affirment avoir été informées des modalités par leur entreprise…

Parmi les différents aspects de la journée d’un salarié qui peuvent être surveillés, on retrouve l’activité informatique (notamment le suivi du temps passé sur internet), les périodes d’activité et d’inactivité (via les mouvements de souris ou l’enregistrement des touches de clavier), la présence, l’espace de travail (avec une surveillance par webcam ou des captures d’écran prises à intervalles réguliers), les conversations audio, la communication numérique, les réseaux sociaux, la localisation, la gestion du temps, la gestion de la charge de travail, ou la santé et le bien-être (via des applications mobiles, notamment).

Augmentation du niveau de stress

Les entreprises qui souhaitent surveiller leurs équipes à l’aide de logiciels doivent donc faire preuve de transparence et les informer. Et même si elles se disent « à l’aise » avec la surveillance de leur charge de travail (69%) ou de leur présence (67%), les personnes surveillées ressentent aussi plus de stress à cause de ces pratiques. Elles sont ainsi 48% à affirmer que savoir qu’elles sont surveillées nuit à leur moral, 40% à craindre un non-respect de leur vie privée et 37% à penser que la pratique génère une augmentation du stress. Résultat : la surveillance entraîne aussi une baisse de confiance (41%).

Effets contre-productifs de la surveillance au travail

Ces considérations pourraient directement nuire à la productivité des personnes surveillées. Or, l’amélioration de la productivité des équipes est citée comme étant le principal objectif des employeurs lors de l’installation de tels logiciels.

L’étude révèle que la majorité des répondants estiment que se savoir surveillés par un logiciel n’a aucun impact sur leur motivation au travail. Pire, ils sont 22% à expliquer que cela les encourage à travailler moins, et 35% se disent directement démotivés par la pratique !

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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