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La semaine de 4 jours, idéale pour la productivité ?

La semaine de 4 jours, idéal de productivité ?
© eyecrave productions via iStock

De plus en plus d'entreprises réfléchissent à mettre en place la semaine de 4 jours pour améliorer le bien-être de leurs salariés. Et doper leur performance ?

En 2022, la France a perdu en productivité. C’est-à-dire que pour le même temps travaillé, les Français ont produit moins de richesses. Une étude de la Dares, publiée en janvier 2023, indique que la productivité par tête (la richesse produite rapportée au nombre de personnes en emploi) a chuté de 3% au troisième trimestre 2022 par rapport à 2019, dernière année de référence pré-Covid. La productivité horaire (la richesse produite rapportée au nombre d’heures travaillées) a, elle, baissé de 2,9%. C’est suffisamment rare pour être souligné : avant la crise du Covid, la productivité tricolore augmentait. Lentement certes mais augmentait tout de même. Alors, comment y remédier ? Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes, expliquait dans Les Échos qu’une inversion de la courbe d’évolution de la productivité était possible « en modifiant l’attractivité des emplois proposés ».

Et si la solution venait de la semaine de 4 jours ? Question attractivité, tous les voyants sont au vert. Et de plus en plus de dirigeants se disent curieux, voire intéressés pour la tester. Une enquête du cabinet de recrutement Robert Half menée auprès de 300 dirigeants français (directeurs généraux, directeurs administratifs et financiers et directeurs des systèmes d’information), responsables du recrutement de collaborateurs dans leurs équipes, au sein de PME, ETI et grandes entreprises souligne ainsi que 22% des employeurs déclarent déjà proposer la semaine de 4 jours à leurs salariés et que 35% envisagent de la mettre en place au cours des 12 mois à venir.

Une productivité dopée

Permet-elle aux entreprises qui la mettent en place de gagner en productivité ? Plusieurs études tendent à montrer que oui. « La performance et la productivité peuvent être stimulées par la mise en place de ce dispositif », indique une note d’EY sur le sujet. « En effet, des études montrent que la concentration des salariés augmente lorsqu’ils n’ont que 4 jours pour accomplir leurs tâches. »

La filiale japonaise de Microsoft a enregistré une hausse de 40% de la productivité après avoir testé ce dispositif durant un mois

EY

Ce rapport détaille aussi l’exemple de l’entreprise industrielle Yprema, qui a mis en place la semaine de 4 jours par roulement – chaque salarié prend un jour de repos différent. « Paradoxalement, ce dispositif permettait d’allonger le temps de travail des équipements. Si les salariés ont alors vu leur temps de travail baisser de 39 à 35 heures, les machines ont, elles, tourné 44 heures par semaine, ce qui représente une demi-journée de gagnée par semaine, soit presque 1 mois de production supplémentaire par an », évalue EY. Bilan : « la semaine de 4 jours fut une aubaine stratégique en matière de rentabilité ».

À plus grande échelle, une étude a été menée au Royaume-Uni auprès de 61 entreprises qui ont testé durant 6 mois la semaine de 4 jours. Les résultats ont été dévoilés début 2023 par l’association 4 Day Week Global. Et le bilan est globalement positif : les entreprises ont noté l’expérience 7,5/10 tant en matière de performance économique que de productivité. Et pour cause, leur chiffre d’affaires a augmenté de 1,4% en moyenne sur la durée de l’expérience et de 35% en moyenne par rapport à la même période un an auparavant.

Quelle semaine de 4 jours ?

Attention toutefois à ne pas considérer la semaine de 4 jours comme une solution miracle pour la productivité française. Le terme recouvre en effet différentes définitions, pas toutes compatibles avec des gains de productivité. L’expérience anglaise repose par exemple sur une réduction « significative » du temps de travail, qui permet d’être payé à 100% pour travailler 80% du temps et s’engager à couvrir 100% des besoins ». Mais le modèle s’est décliné sous des formes diverses (un jour supplémentaire de repos, fixe ou non, un temps de travail annualisé à 32 heures par semaine…). Or les dirigeants semblent plutôt envisager une compression du même temps de travail sur une durée plus courte. Le sondage réalisé par Robert Half évoque ainsi le même nombre d’heures de travail par semaine, condensées sur 4 jours au lieu de 5.

Et ça change tout : certains experts estiment ainsi que des journées de travail de 6 heures, voire de 5 heures, seraient idéales pour doper la productivité des salariés. Au contraire, des journées à rallonge auraient tendance à plomber la productivité des travailleurs. Les gains de productivité espérés et constatés dépendent donc des conditions de la semaine de 4 jours mise en place… Voici le casse-tête que les entreprises intéressées doivent trancher.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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