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Benjamin Suchar (Worklife) : « Il est plus intéressant de privilégier les avantages sociaux aux augmentations de salaire »

Benjamin Suchar
© Worklife

Face à la crise, toutes les entreprises ne disposent pas des mêmes moyens pour aider leurs salariés. Plus intéressants d'un point de vue fiscal que les augmentations, les avantages sociaux séduisent les patrons.

Benjamin Suchar a co-fondé Worklife. Cette solution, qui permet de piloter les avantages collaborateurs, a pour ambition de redonner du pouvoir d’achat aux salariés tout en valorisant la stratégie RH des entreprises. Pour ce faire, Worklife propose une carte de paiement et une application qui permettent de gérer, animer et financer les avantages sociaux proposés par les organisations. Et en période d’inflation, le dispositif séduit de plus en plus. Interview.

Pourquoi privilégier les avantages sociaux auprès des collaborateurs en période d’inflation ?

Benjamin Suchar : La période est compliquée pour les salariés, mais aussi pour les dirigeants d’entreprise. Ils doivent se positionner du côté de leurs équipes, tout en prenant des mesures qui ne mettent pas leur activité en péril. Les avantages sociaux – titre-restaurant, financement de la mobilité ou de services d’aide à la personne, écoute psychologique… – ont ceci d’intéressant qu’ils sont exonérés de charges et d’impôts. Ils ont un impact réel sur le pouvoir d’achat des collaborateurs, sont faciles à comprendre, durent dans le temps et sont plus faciles à mettre en place que des augmentations de salaires.

Cela représente tout de même un certain coût. Toutes les entreprises peuvent-elles se le permettre ?

B. S. : Oui, mais il faut parfois faire des choix. Certains services sont plus avantageux que d’autres : le financement de services à la personne, par exemple, donne droit à l’entreprise à 25% de crédit d’impôts. C’est le dispositif le plus optimal d’un point de vue fiscal et social. Je ne pense pas que le choix des dispositifs dépende de la taille de l’entreprise, mais plutôt de son implantation et des modes de vie des collaborateurs. Une entreprise dans un centre urbain bien desservie par les transports en commun n’aura pas les mêmes problématique qu’une entreprise dont les salariés habitent à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu de travail, en pleine campagne. Il en va de même pour les horaires : une entreprise dont les salariés travaillent en décalé pourra privilégier les services d’aide à la personne, par exemple.

Sentez-vous un engouement particulier autour de votre offre en ce moment ?

B. S. : En effet, il y a une demande en forte progression. Les entreprises, quelle que soit leur taille, cherchent des dispositifs pour redonner du pouvoir d’achat aux collaborateurs. Augmenter les salaires est une mesure coûteuse et moins viable à long terme. Une prime annuelle serait moins coûteuse mais ne permet pas d’engager les salariés : au contraire d’avantages qui durent toute l’année, une prime ponctuelle n’accompagne pas les équipes dans leur quotidien.

Quels sont les avantages sociaux les plus populaires ?

B. S . : Le titre-restaurant est celui qui est le plus largement diffusé. On retrouve aussi beaucoup le financement de la mobilité, notamment pour les collaborateurs qui n’ont pas accès aux transports en commun et doivent faire face au coût de l’essence. Avec le télétravail, on constate également une augmentation de l’utilisation des services à la personne, avec le financement de solutions de garde d’enfant, et de l’indemnité télétravail. Il existe aussi des solutions qui combinent impact écologique et économique, comme le forfait mobilités durables. À travers toutes ces mesures, l’entreprise s’inscrit dans le quotidien des collaborateurs.

C’est tout de même très engageant pour l’entreprise : à la différence d’une prime ponctuelle, ces dispositifs s’inscrivent dans la durée…

B. S. : C’est ce qui peut freiner la mise en place de ces dispositifs. De nombreux DRH nous disent qu’ils ont peur de cela. Difficile de rétropédaler une fois que l’on a mis en place ce type d’avantages… Mais de mon point de vue, ils doivent s’inscrire dans une politique globale de l’entreprise. Cela devient un argument de fidélisation et d’attractivité, et par les temps qui courent, c’est précieux. Par ailleurs, certains avantages peuvent être « retirés » s’ils sont soumis à certaines conditions. Par exemple, le financement de la mobilité peut être conditionné au prix de l’essence. 

Biographie

Benjamin Suchar est un serial entrepreneur de 35 ans. Il a lancé pendant ses études l’application mobile CheckMyMetro, puis a fondé Yoopies, première plateforme sociale de services à la personne en Europe. Attaché à l’impact social de l’entrepreneuriat, il s’engage dans la lutte pour de meilleures conditions de vie des employées à domicile et la réduction des formes d’esclavage moderne en rachetant HelperChoice en Asie. Avec Worklife, il remet les avantages salariés au cœur des politiques RH afin de concilier enjeux stratégiques de l’entreprise et nouveaux besoins des collaborateurs.

Mélanie Roosen & Géraldine Russell

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